Paris, le 27 mai 2026
Le Conseil National Professionnel de la radiologie souhaite alerter
les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs du système de santé sur
les conséquences préoccupantes des orientations actuellement envisagées
par les tutelles, et en particulier par l’Assurance Maladie, concernant
l’imagerie médicale.
La radiologie ne peut être considérée sous le seul prisme d’économies
financières massives. Une telle approche fait peser un risque réel de
dégradation de l’accès aux soins, de la qualité des prises en charge et
des capacités de prévention pour l’ensemble de la population.
La radiologie constitue aujourd’hui un maillon essentiel du parcours
de soins. Elle est indispensable au diagnostic et au traitement de la
majorité des pathologies, au suivi des traitements médicaux et
chirurgicaux, ainsi qu’à la surveillance des patients chroniques. Elle
joue également un rôle majeur dans les politiques de dépistage et de
prévention, notamment dans le cadre du dépistage organisé du cancer du
sein et du dépistage du cancer du poumon qui arrive.
La radiologie interventionnelle représente par ailleurs un progrès
considérable pour les patients et pour le système de santé. Ces
techniques micro-invasives permettent des traitements efficaces, avec
des suites plus simples, des durées d’hospitalisation réduites et une
diminution des complications dans de nombreuses pathologies. Pourtant,
ces activités ne bénéficient aujourd’hui d’aucune reconnaissance ni
valorisation à la hauteur de leur intérêt médical, humain et économique.
Le Conseil National Professionnel de la radiologie souligne également
l’incohérence qu’il y aurait à demander à la radiologie de supporter
l’essentiel des économies sur l’imagerie médicale alors même que les
autorisations d’équipements lourds, notamment les scanners et les IRM,
ont été largement augmentées par les tutelles elles-mêmes. Il ne saurait
être acceptable que les radiologues assument seuls des contraintes
économiques liées à des évolutions structurelles décidées au niveau
national.
De même, les radiologues ne sont pas les prescripteurs des examens
d’imagerie : les dépenses générées par les autres acteurs du système de
santé ne peuvent leur être imputées.
Cette vision réductrice de la radiologie fait courir un risque majeur
: celui d’un recul de la prévention, d’un retard diagnostique et d’une
perte de chance pour les patients, notamment dans les situations où une
détection précoce conditionne directement le pronostic. Elle met aussi
en danger l’attractivité de la formation des radiologues en France,
alors que la pénurie de médecins est dénoncée de toutes parts.
Le Conseil National Professionnel de la radiologie appelle ainsi à
une réflexion globale, fondée sur les besoins de santé de la population,
la qualité des soins et l’efficience réelle du système de santé, plutôt
qu’à une approche exclusivement comptable de l’imagerie médicale.
La profession souhaite ouvrir un dialogue constructif avec les
tutelles afin de préserver un accès équitable, moderne et performant à
l’imagerie médicale pour tous les Français.
Pr Louis Boyer, président du CNP/G4
Dr Jean Philippe Masson, président de la FNMR
Pr Christophe Aubé, président du CERF
Pr Marie France Bellin, présidente de la SFR
Dr Thomas Martinelli, président du SRH
Communiqué de presse en ligne