Liaisons dangereuses entre cellules cancéreuses et micro-environnement tumoral dans les cancers du sein lobulaires
05/21/2026
Les cancers du sein lobulaires surviennent chez 10 à 15% des patientes diagnostiquées avec un cancer du sein. Présentant un risque de récidive important à long terme, ces cancers montrent des spécificités particulières. A la différence des autres cancers du sein, la présence de nombreuses cellules immunitaires dans la tumeur est associée à un mauvais pronostic. Une nouvelle étude menée par l’Institut Curie et l’Inserm lève le voile sur les interactions néfastes entre les cellules cancéreuses, le système immunitaire et les fibroblastes (cellules principales du tissu conjonctif). A plus long terme, ces résultats prometteurs, publiés dans Nature Communications le 12 mai 2026, laissent entrevoir de nouvelles perspectives cliniques pour les patientes.
Parmi les cancers du sein, environ 15% des cas sont lobulaires, constituant ainsi le 2nd type histologique le plus fréquent. Ceux-ci se développent dans le sein, sous forme de cellules tumorales indépendantes les unes des autres, car leur particularité est d’avoir perdu la E-cadhérine, protéine qui permet aux cellules de s’accrocher les unes aux autres. Les cellules tumorales infiltrant alors le tissu du sein, insidieusement d’où un diagnostic souvent tardif. « Une des particularités des cancers du sein lobulaire est le risque accru de récidive à long terme, survenant plus de 10 ans après la fin des traitements. Notre étude, qui vise donc à comprendre certaines spécificités de ce cancer, est nécessaire pour adapter la prise en charge des patientes » explique le Dr Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche de classe exceptionnelle Inserm, directrice de l’unité Chimie-Biologie des cancers (Institut Curie, Inserm, CNRS). Ces travaux sont menés dans le cadre du RHU Cassiopeia et soutenus par l’Institut des Cancers des Femmes.